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Photographie

Techniques anciennes

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Ivan Lammerant

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Historique:

Le pictorialisme est un style photographique à travers lequel se sont exprimés, avec plus ou moins de bonheur, de nombreux photographes à la fin du siècle dernier et pendant les premières décennies de celui-ci.

Des techniques spéciales de prises de vues et de tirage aboutissaient à des photographies qui rappelaient la peinture ou la gravure.

Ce mouvement qui a commencé à péricliter après la première guerre mondiale céda, à l'aube de la seconde, sous la poussée d'une photographie d'art plus spécifique, reniant toute référence à la peinture.

Pour modifier le rendu photographique trop précis à leurs yeux, les pictorialistes ont exploité de nombreux procédés de tirage. Parmi ceux-ci, le bromoil aété des plus répandus mais, depuis une cinquantaine d'années, le papier bromoil a disparu du marché. Après de longues et patientes recherches, Camilli a trouvé un papier photo qui le remplace parfaitement.

Comme plusieurs photographes belges et étrangers manifestent de l'intérêt pour différentes techniques pictorialistes, Camilli a pris l'initiative de créer une ASBL pour les rassembler, l'Associazione Pittorialiste Europei...

Certains beaux esprits persifleront peut-être une démarche si étrangère à celle des artistes contemporains qui, marchant avec leur temps ou le devançant, s'expriment avec originalité dans des voies toujours nouvelles.

Mais les pictorialistes européens ne se prévalent pas d'un manifeste qui ferait l'apologie de leurs techniques d'interprétation et fustigerait les créateurs d'avant-garde. Ils ne veulent pas réimposer un mouvement artistique anachronique mais seulement s'exprimer dans un style qui convient actuellement à leur sensibilité et se réunir pour partager leurs recherches, leurs réussites et leurs échecs, préciser leurs projets et partager leur enthousiasme.

A.Legros Collard
                   
                       
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Réflexion sur les procédés pigmentaires...

Le marché édicte ses lois économiques et techniques.

Parmis les multiples procédés photographiques voués à produire une image noire et blanche sur papier, seuls les papiers au bromure ou au chlorobromure d'argent sont encore commercialisés. Habituellement, les photographes s'en contentent; les autres procédés sont oubliés et avec eux, la préocupation de la meilleure relation processus-image. C'est un appauvrissement !

La famille des encres grasses et la gomme bichromatée sont des procédés élaborés au début du siècle et utilisés par les photographes se reconnaissant dans le pictorialisme. Ce mouvement, plein de richesses, de contradictions, y trouvait des particularités qui sont, selon moi, toujours précieuses:

  • Une stabilité totale à la lumière, à l'instar du pigment constitutif de l'encre ou du pigment incorporé à la gomme.
  • Une image caractérisée par une matière présente et riche.
  • Une interprétation de l'image très diversifiée, personnelle.
  • Une facultée accrue de distanciation au réel.


Ce faisceau de particularités était primodial pour les pictorialistes eu égard à leur voeu de faire de la photographie "un système d'images parmi les autres systèmes d'images", c'est à dire un des beaux-arts.

Les procédés pigmentaires s'accomodent parfaitement de la plupart des concepts photographiques modernes. D'autre part, ils apportent des éléments de réflexion à certaines interrogations ou perspectives tout à fait contemporaines. Je les évoques à l'aide d'une "note de travail" d'Arnaud Class:

"Je ne vois pas l'image photographique comme soustraite au monde dans le but de sa représentation, de son redoublement, mais comme chose parmis les choses, objet parmis les objets. Certe contrairement aux autres disciplines, elle nécessite des "objets réels" pour exister, mais elle est finalement, elle aussi, une réalité inédite"

Je les évoque aussi à l'aide d'un article de Jean-Claude Lemagny, je me permets d'en isoler quelques passages, au risque évident d'en trahir le sens:

"...Or l'art est ce qui interrompt la communication, et qui rend à toutes choses l'opacité du réel. dans les arts du dessin, en sculpture, peinture, gravure, le rôle de la main et de la résistance de la matière, évidents, sont là pour rappeler la relativité de toute représentation. En photographie, la cérébralité l'a longtemps emporté. La matière du médium n'offrant aucune résistance au paysage, le réel et la pensée se trouvaient en connexion directe..."

Si l'on considère ces concepts comme des axes de réflexion, les techniques d'impression pigmentaire deviennent des outils appréciables.

Roland Castro
Chargé de cours à l'institut Saint Luc de Liège